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J’échange, donc Je suis. (1)

    J’échange, donc Je suis. (1)

 

Comment donner et recevoir les signes de reconnaissance dont nous avons besoin pour être bien dans notre peau.

 

Combien de fois nous sentons-nous blessés à l’issue d’une discussion, d’une rencontre. Alors nous commençons à nous poser ce type de questions :

 

Comment être bien avec soi-même et avec les autres ?

Comment avoir des relations positives avec nos proches ?

Comment sortir des échanges négatifs qui font si mal ?

Comment pouvoir dire ce qui va, mais aussi ce qui ne va pas sans blesser, rejeter ou juger ?

 

Notre expérience au quotidien révèle que les réponses à ces questions ne sont pas évidentes, sans doute parce que nous n’avons pas appris le « comment faire ».

Peut-être avons-nous vécu des blessures (jugements abusifs) & des manques (carences de stimulations).

 

Ainsi, nos relations quotidiennes au travail, en famille, avec les amis… nous apportent un lot de difficultés, de désillusions, de frustrations… là où nous attendons équilibre, richesse, satisfaction.

 

Les besoins psychologiques.

 

Pour sortir de l’impasse, Eric Berne, créateur de l’Analyse Transactionnelle (A.T.), nous propose de penser « besoin ».

Il est facile à comprendre que nos besoins physiologiques de base conditionnent notre existence.

 

Prenons par exemple le besoin de nourriture : nous pouvons sauter un repas, faire un jeûne, et même entamer une grève de la faim… Pourtant à une certaine phase vont se produire des lésions irréversibles, et si nous insistons nous risquons la mort.

 

L’originalité de l’A.T. est d’avoir repéré qu’il en est de même sur le plan psychologique. Nous avons de véritables besoins psychologiques avec la nécessité de les satisfaire si nous ne voulons pas menacer notre existence.

 

Les signes de reconnaissance.

 

Parmi ceux-ci nous avons une soif de stimuli très particuliers, appelés signes de reconnaissance, véritable nourriture psychique qui nous apporte l’énergie dont nous avons besoin pour vivre, nous développer, nous épanouir.

 

Il s’agit en fait de tout geste, contact, parole, signe, symbole, qui nous sont manifestés par autrui et qui nous permettent de nous reconnaître comme existant.

 

Ce besoin vital d’échange avec notre environnement affectif & social est aussi important que ceux de boire, manger ou dormir. Ces stimulations particulières, sont donc le combustible nécessaire à notre croissance.

 

Leur absence nous entraîne dans un processus de dégénérescence qui peut aller jusqu’à la mort psychologique.

Leur présence en quantité et en qualité nous permet d’accéder à l’autonomie.

 

Notre souci incessant dans la vie consiste à en obtenir le plus possible : ceux que nous voulons et autant que nous voulons. Imaginons cette scène :

Une mère promène son enfant de 4 ans dans la ville. Elle rencontre une amie et se met à bavarder. Au bout de quelques minutes, l’enfant commence à tirer la main de sa mère et si celle-ci ne réagit pas, il est vraisemblable que l’enfant va mettre les pieds dans une flaque d’eau ou faire ce qu’il faut pour que sa mère se recentre sur lui, quitte à recevoir une fessée.

 

Ce comportement s’explique par cette règle simple : mieux vaut recevoir des signes de reconnaissance négatifs (comme une fessée) que de ne rien recevoir du tout. Tout comme en situation de pénurie, d’eau lors de la traversée d’un désert, nous en viendrons à boire nos urines, car c’est mieux que de ne rien boire du tout…

 

Les conflits expriment des manques.

 

En fait, l’indifférence est insupportable et, dans notre vie de tous les jours, comme cet enfant, nous préférons le négatif plutôt que l’absence totale se stimulation.

 

Dès que nous nous sentons en manque de signes de  reconnaissance, nous sommes capables de nous mettre dans de « mauvaises » histoires relationnelles : nous recherchons la scène de ménage, le conflit, l’incident, enfin n’importe quel évènement pouvant nous procurer notre dose de stimulations.

Les « bêtises », les tensions, les erreurs, l’absentéisme, voire même les accident de travail, sont souvent des signes révélateur d’un manque de stimulation dans le milieu amical, familial, social ou professionnel. Faute de nous nourrir de positif, nous recherchons un négatif de substitution avec le risque d’en devenir dépendant.

 

La recherche des signes.

 

Pour être bien dans notre peau, nous avons besoin de nourrir notre besoin de signes de reconnaissance. Pour le  faire, nous devons « relationner », communiquer, échanger avec autrui, pour nous sentir exister, ce qui peut résumer cette formule lapidaire : « J’échange, donc je suis ».

Le terme même d’échange est emprunté à l’économique. Nous pouvons parler d’une véritable économie de signes de reconnaissance que nous devons gérer sainement.

 

Nous établissons les bases de notre système de recherche de stimulations dès les premières années de la vie.

En fonction de notre environnement familial, nous prenons des décisions qui orientent notre comportement pour résoudre notre problème existentiel de base. Comment avoir le plus possible de signes de reconnaissance, ceux que nous voulons au moment ou nous les voulons. Ceci marche aussi bien pour le positif que le négatif.

Nous avons tendance à rechercher, ici & maintenant, les stimulations que nous avons connues ailleurs et autrefois, même les négatives car nous avons appris à nous en accommoder et nous savons comment faire pour les obtenir.

 

Une autre approche utile de ce concept de stimulations consiste à distinguer les signes de reconnaissance conditionnels & les signes inconditionnels.

 

FAIRE : le conditionnel.

 

Le signe de reconnaissance conditionnel concerne le faire. Chaque fois que nous portons un jugement sur quelque chose qui a été fait, nous donnons des signes de reconnaissance conditionnels, positifs ou négatifs : « j’apprécie ton travail », « tu as fait preuve de sang-froid », « ton compte-rendu manque de clarté », « ton comportement est à revoir si tu veux réussir ton examen ».

 

Nous avons besoin de signes de reconnaissance conditionnels positifs qui nous permettent d’ancrer  et développer la confiance en soi.

 

Heureusement que nos parents nous ont applaudis lorsque vers 10-12 mois  nous avons fait  nos premiers pas. Tout au long de notre vie, nous avons des enseignants, des entraîneurs, des amis, qui encouragent nos actions. Etre bien entouré par des gens très proches permet d’aller plus loin.

 

Nous avons besoin, et cela peut surprendre, de signes de reconnaissance conditionnels négatifs :

Imaginez votre enfant qui revient de l’école avec un dessin plutôt « raté ». Son instituteur lui a mis « passable » et son meilleur copain lui a signifié clairement qu’il n’aimait pas.  Ce n’est pas le moment de lui dire « Bravo, on dirait du Picasso ».

 

Quel que soit notre âge, notre entourage doit pouvoir nous confronter chaque fois que nous faisons quelque chose d’incorrect, pour nous permettre de changer les choses qui ne vont pas. Les signes de reconnaissance négatifs appropriés nous fournissent des informations pour progresser sur le chemin de notre croissance.

 

ETRE : l’inconditionnel.

 

Le signe de reconnaissance inconditionnel est relatif à l’être. La meilleure stimulation inconditionnelle positive que l’on peut donner est l’amour.

 

C'est dire à quelqu’un, de manière authentique,, « je t’aime », « je suis content de ta présence », « j’aime ce que tu es » ou, comme Yves Duteil : « je ne pourrai jamais, je crois, respirer sans penser à toi ».

 

A l’inverse, nous pouvons donner ou recevoir des signes de reconnaissance inconditionnels négatifs : «  Famille, je vous hais », « je ne peux pas le supporter, c’est physique », « il n’y a rien de bon à attendre de toi ! ».

 

Nous avons besoin de signes de reconnaissance inconditionnels positifs pour nous sentir aimé, respecté dans notre valeur, pour nous sentir exister, être en contact avec notre énergie, toutes nos ressources.

 

L’exemple des nourrissons carencés affectifs dans les pouponnières montrent à quel point le manque d’amour peut être destructeur.

 

Les seuls signes de reconnaissance dont nous n’avons pas besoin sont les inconditionnels négatifs, car réducteurs & destructeurs. Mais, il faut savoir qu’ils existent.

Il y a des gens  qui ne nous aiment pas, et réciproquement nous pouvons détester profondément  des personnes.

 

Régulièrement, dans notre vie familiale, sociale, professionnelle, nous sommes exposés à ce type de stimulations négatives, qu’il faut apprendre à repérer pour pouvoir les laisser de côté et continuer à nous affirmer.



19/08/2007
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