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Confiance, crainte & transformation. (2)

   Que ce soit par accident ou délibérément, les gens traversent toutes sortes d'expériences tout au long de l'histoire.

 

De profonds changements intérieurs peuvent se  produire en réponse à divers facteurs : une pratique contemplative, une grave maladie, des randonnées en région sauvage, des émotions paroxystiques, un effort créatif, des exercices spirituels ou de respiration contrôlée, des techniques pour « arrêter la pensée » des drogues psychédéliques, certains mouvements, l'isolement, la musique, l'hypnose, la méditation, la rêverie ou les conséquences d'une intense lutte intellectuelle.

 

Ces systèmes visent à éveiller la conscience des  chercheurs à leur vaste potentiel inexploité, à étendre la sensibilité du système nerveux, harmoniser le corps & l'esprit. C'est un peu comme si on s'équipait d'un sonar, d'un radar et de puissantes lentilles.

 

Cette idée d'une rapide transformation de l'espèce humaine, précédée d'une avant-garde, se retrouve chez nombre de penseurs, artistes & visionnaires, parmi les plus doués de l'histoire.

 

Tous les systèmes d'expansion et d'approfondissement de la conscience emploient des stratégies semblables et conduisent à des découvertes personnelles étrangement similaires.

 

Les techniques transformatives nous donnent accès à la créativité, à la guérison, à la liberté de choix. La faculté d'effectuer des prises de conscience, de dégager par l'imagination de nouveaux rapports, jadis le privilège de quelques individus doués par nature, peut être dorénavant acquise par quiconque fait preuve d'une solide volonté d'expérimenter et d'explorer.

 

Ayant trouvé au cœur d'eux-mêmes force & santé, ceux qui ont appris à avoir confiance en eux ont tendance à avoir plus confiance dans les autres. Les cyniques qui ne croient pas au changement sont habituellement cyniques vis-à-vis d'eux-mêmes, doutant de leur propre capacité d'amélioration. La transformation requiert un minimum de confiance.

 

Nous pouvons avoir peur de perdre le contrôle de nous-mêmes, soupçonnant que nous risquons de trouver en nous les sombres forces inconscientes, nous pouvons craindre de nous éloigner trop de notre famille et de nos amis et de nous retrouver seuls.

 

Enfin, notre peur d'y investir nos espoirs nous fait examiner cette perspective dans tous les sens, comme si c'était un truc de magicien. Après tout, nous avons déjà si souvent essuyé de déceptions, venant d'autrui comme de soi, que ce soit dans les jeux, la propagande politique, les façades ou les courbettes pleines d'imagination de la publicité. Et il est certain que l'or mythique du processus de transformation a de tout temps inspiré des faussaires.

 

Mais il faut voir que nos craintes sont aussi nos protections.

 

Ceux qui s'inquiètent de ce que les nouvelles idées ébranlent la culture en ses racines sont dans le vrai. Le processus de transformation, même s'il peut paraître étranger a priori, se révèle bientôt irrévocablement juste.

Dès que le voyage a commencé sérieusement, plus rien ne peut nous en dissuader. C'est un engagement avec la vie elle-même, une seconde occasion de lui trouver un sens.

 

Il n'y a vraiment que ce qui est ressenti profondément qui peut nous changer. De simples arguments rationnels ne peuvent pénétrer les couches de peur et de conditionnement qui bloquent nos systèmes de croyance.

 

L'Univers tout entier crée des occasions, partout où c'est possible, visant à susciter chez les gens des modifications de conscience. Les cœurs aussi bien que les esprits doivent changer. Il faut que la communication, après son élargissement gagne en profondeur. Comme l'ont toujours dit les mystiques, un nouveau monde est un nouvel esprit.

 

Le philosophe Robert Solomon remarque par ces propos : « Ceux qui critiquent la société contemporaine ne font trop souvent qu'étaler leur propre désespoir ou une forme de cynisme à la mode pour masquer leur propre constat d'impuissance. Ce qui apparaît comme une préoccupation n'est en fait que de l'indulgence envers soi-même, une amère satisfaction de soi. On déclare que la société est « pourrie » afin d'avoir pitié de soi qui en est « prisonnier ». On tient le monde entier pour responsable de son propre malheur – ou les erreurs politiques.

 

S'il faut nous frayer un chemin en eaux troubles, il vaut mieux que nous recherchions la compagnie de ceux qui ont bâti des ponts, qui, rejetant désespoir & inertie, ont fait bouger les choses.

 

Ils ont observé des changements en eux, chez leurs amis, dans leur travail. Ils sont patients & pragmatiques, rassemblent les petites victoires dont l'accumulation doit conduire au grand éveil culturel. Ils savent que l'occasion peut prendre différentes formes, que la dissolution & la souffrance sont des étapes nécessaires pour le renouveau et que les « échecs » peuvent leur apprendre beaucoup. Sachant qu'un profond changement chez une personne ou une institution ne peut venir que de l'intérieur.

 

Nous avançons dans une Ere Nouvelle. Considérée avec un regard neuf, notre vie peut être transformée d'accident en aventure. Nous pouvons transcender notre vieux conditionnement, nos pauvres attentes poussiéreuses. L'homme dispose dorénavant de nouvelles techniques de mise au monde, de tout un soutien humain et symbolique pour mourir, de modes d'enrichissement autre que matériels.

 

L'avenir, disait Teilhard, est entre les mains de ceux qui peuvent proposer  aux générations de demain des raisons valables de vivre et d'espérer.  

 

« Il est maintenant absolument manifeste que nous entrons dans la plus grande période de changement que le monde ait jamais connue », ajoutait-il « Le siège du mal dont nous souffrons est localisé dans les assises même de la Pensée terrestre. Quelque chose se passe dans la structure générale de l'Esprit. C'est une autre espèce de vie qui commence… »



16/12/2007
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