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Les quatre goûts fondamentaux.

  Les évaluations et appréciations suivantes n'ont aucun caractère restrictif, elles voudraient seulement inciter à vivre plus complètement la richesse de chacun des goûts.  

 

Le goût salé saisit la conscience et l'éveille, il se manifeste goût grave, solennel, qui maintient une sorte de vigilance sensorielle circonscrite à la tête. Le goût salé encourage une prise de conscience intériorisée, qui s'installe dans le temps avec force & sérénité, c'est une aide à l'assise intérieure.

Dans la cuisine, le sel rend plus présent à tous les autres goûts qu'il révèle, sans s'imposer. La nourriture, comme bien des choses de la vie, peut manquer de sel…Il est intéressant de noter que Rudolf Steiner recommandait de ne pas trop saler la nourriture des jeunes enfants, car ceux-ci n'ont pas encore acquis une « organisation » capable de pratiquer cette intériorisation.

 

On pourrait encore méditer la sentence : « Soyez le sel de la terre. »

 

Remarquons que si le sel éveille, alors vive le petit déjeuner salé ! Abandonnons le fromage ou les œufs et autres aliments protéinés du soir pour les prendre le matin !

 

    Le goût amer provoque immédiatement un réflexe de recul, son effet à tout d'abord quelque chose d'astringent. Si le goût ramène aussi à soi-même, c'est une manière toute différente que pour le goût salé. Le geste d'intériorisation, d'enveloppement de soi, s'adresse ici avant tout à la corporéité, il s'oriente non plus vers le haut mais vers le bas.

Grâce à l'amer nous prenons conscience de notre organisme. L'amer induit une plus grande conscience de nos fonctions vitales, comme le disait si justement un consommateur : « de nos entrailles ».

C'est un goût guérissant puisqu'il encourage les organes digestifs à l'activité. C'est un goût empreint de gravité de densité. L'amertume n'est-elle pas une forme de retour à soi-même, comme le désir de se retrouver chez soi, bien à l'abri du monde ?

 

   Le goût acide est violent, c'est une secousse qui, même si elle est brève, nous mobilise et qui nous fait sortir de nous-mêmes. C'en est fini de l'intériorité, le goût acide tend à nous disperser vers la périphérie. C'est une sorte de pétillement qui incite à la fantaisie, à la légèreté, à la vivacité.

 

On dit en français « faire vinaigre », ce qui signifie faire vite.

Un autre proverbe allemand dit « Essig macht lustig » : l'acide fait (rend) drôle.

 

Paradoxalement, ce goût semble autant capable d'encourager la profusion des idées que la précision de leurs contours. C'est un goût fanfaronnant, claironnant.

Pensons par exemple au « pesant » plateau de charcuteries du dimanche, en famille ( ?), loué sois-tu ô cornichon ; aux câpres dans les sauces grasses pour le poisson du vendredi ( ?) ou bien encore à la polarité huile-vinaigre de la vinaigrette…

 

En cuisine, l'acide anime toute préparation un peu somnolente, pointe de moutarde, ou goutte de citron. C'est un secret de chef, essayez !

 

   Le goût sucré, conte de fées de tous les enfants et de bien des adultes, est un hymne à l'harmonie universelle à la sérénité. Plus de choc, plus de confrontation, plus de recul ou de confrontation, le sucre est comme une caresse. Enfant de la feuille verte ou du rayonnement solaire, le sucre offre un moment, ô combien furtif, de chaleur rayonnante, de bonheur apaisé. Le moi profond n'est plus appelé à se défendre, c'est presque comme s'il se rencontrait lui-même !

 

Des recherches ont montré que la conscience du goût sucré est optimale à 37°. Pensons encore au fait que nous transformons chaque jour au plus profond de notre organisme, par la digestion, le pain, les céréales, les féculents en glucose, en sucre !

 

Ce goût sucré qui vient sur la langue est comme un cadeau. Nous conseillons bien sûr, quand c'est possible, le meilleur sucre : le sucre complet. Comme par exemple le Rapadura. D'anciens textes sanscrits parlent du sucre comme d'une substance proche de l'amour, un amour rayonnant des hauteurs pour apaiser les hommes incarnés sur terre.

 

  Attirances & Répulsions.

 

Les quatre goûts suggèrent des relations troublantes avec les tempéraments, chacun d'entre eux active, pourrait-on dire, les qualités propres aux tempéraments.

 

L'expérience du sel montre des qualités de concentration, de sérieux, propres au tempérament mélancolique ; celle de l'amer favorise la relation avec l'organisme, avec le ventre, ce goût est en relation avec le tempérament flegmatique (aussi appelée dans terminologies le digestif) ; le tempérament sanguin se définit avec les mêmes mots qui définissent le goût acide : léger, pétillant, insaisissable, volage, drôle.

 

La fermeté chaleureuse du colérique trouve un certain nombre d'analogies avec ce que procure le goût sucré : chaleur, puissance qui rayonne.

Les attirances deviennent compréhensibles quand on les considère aussi du point de vue des complémentarités. En d'autres termes, on peut être appelé à rechercher un goût par sympathie naturelle, pour conforter la tendance de son tempérament ou bien au contraire pour lui apporter une note complémentaire.

 

Par exemple, l'affirmation populaire qui parle du sucre comme d'un remède à la mélancolie n'est pas fausse. Par contre le tempérament naturellement chaleureux ne recherchera pas le sucre mais le sel, il demandera au sel de l'aider à stimuler sa pensée. Chaque goût peut être adoré ou détesté pour des raisons précises, et quelquefois contradictoires.

 

Bien sûr, il y a bien d'autres goûts que les 4 précédemment évoqués ici. Heureusement, l'œnologie n'a pas le monopole des séances de dégustation, il faudrait généraliser les séances de dégustation de toutes sortes d'aliments courants comme le pain, les fruits, les légumes…



22/09/2007
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