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Médecines africaines.

  En Afrique, la nature sauvage est omniprésente et partout le sacré s'exprime de sa manière souvent troublante.

Que ce soit dans le désert, la savane ou l'épaisseur verte & humide des forêts tropicales, seul compte l'essentiel.

 

Les plantes de la « brousse » ont été de tout temps utilisées par les populations africaines, soucieuses de se procurer les remèdes nécessaires à la guérison des maladies. L'expérience a montré qu'un grand nombre d'arbres & arbustes ont des pouvoirs de guérison couramment mis en œuvre en médecine traditionnelle.

 

L'utilisation de ces espèces végétales est très économique, alors que l'achat des remèdes importés d'Europe revient très cher et reste hors de la portée des bourses des classes modestes d'Afrique. Beaucoup d'espèces végétales sont faciles à récolter et à préparer, sans avoir recours à un matériel compliqué, c'est pourquoi elles forment la base des traitements effectués par les « guérisseurs » traditionnels qui en ont conservé les secrets d'âge en âge.

 

On doit compter aussi avec la connaissance pratique des vieillards sur des qualités des plantes médicinales, ainsi que celle des mamans, toujours habiles à confectionner des breuvages et préparations pour la guérison de leurs enfants. Notons aussi que les jeunes, dans la société traditionnelle, sont rapidement initiés au discernement des plantes médicinales et connaissent les noms, et souvent les propriétés des espèces de la brousse.

 

Il existe des approches corporelles et des séances publiques qui mettent les participants en transe. Ces pratiques sont systématiques chez les peuples où le vaudou représente une approche sacrée et thérapeutiques, tels au Bénin et au Togo.

 

Il est maintenant établi que la transe, surtout lorsqu'elle stimulée par des rythmes contrôlés par des siècles d'expérience, permet à la pensée de se libérer de la volonté agissante ou, plus précisément, de sa capacité d'inhiber ce qui n'est pas « conforme » afin de laisser s'exprimer le système nerveux « instinctivomoteur ». En effet, ce système ne dépend que très peu de sa volonté. Il est également nommé « système neurovégétatif » ou « nerveux autonome » parce qu'il a pour fonction de régulariser les fonctions vitales du corps (rythmes cardiaques & respiratoire, motilité du système digestif…).

 

Le système neurovégétatif se distingue du système nerveux central en nous reliant en permanence à notre environnement. Il nous permet de nous y adapter en stimulant les fonctions homéostasiques de notre corps : régulation de la température interne, modificatif de notre rythme respiratoire, puis cardiaque. La transe qui accompagne les phénomènes de possession correspondrait donc, selon l'expression si parlante de Viviana Pâques, à une « remise ne ordre de l'Homme total ».

 

La transe entraînant un abandon de la volonté, la conscience langagière s'estompe pour laisser place à ce que le Dr Jacques Donnars décrit très joliment comme « une danse du corps qui chanterait le monde ». La transe est pleinement atteinte en cet instant où « le corps et le monde vibrent à l'unisson ». Alors le patient parvient au pic d'une tension suivi d'une détente comparable au bien-être post-coïtal.

 

L'induction de la transe est une véritable technique thérapeutique illustrant combien les populations qui la pratiquent ont compris de manière empirique, que cet équilibre (ce « bien-être physique, mental et social ») qualifiant la santé dépend du fonctionnement harmonieux de cette part de nature existant en chaque être humain. A cet égard, le guérisseur mérite d'être reconnu comme un véritable « manager de la transe » et un élément de l'équilibre social...



23/12/2008
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