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Le Houx & le Gui.

  Nous sommes tellement habitués à associer le houx & le gui aux fêtes de fin d'année que nous avons oublié leur histoire chargée de symboles.

Leurs vertus thérapeutiques, mais aussi leurs dangers sont également méconnus.

 

Ce sont les Germains d'avant l'ère chrétienne qui nous ont légué, par l'intermédiaire des Romains, l'habitude de décorer nos maisons avec du houx, plante sacrée à laquelle ils attribuaient un pouvoir protecteur. Pour eux, ses rameaux verts devaient servir de nichoir aux lutins, elfes, farfadets et autres esprits sylvestres qui se morfondaient l'hiver et venaient se réfugier chez l'habitant.

Au contraire des Anglos-Saxons, les Romains ne voyaient pas dans le houx une plante protectrice, mais s'en servaient comme élément décoratif lors des licencieuses saturnales.

 

Aujourd'hui, le houx a perdu ses significations symboliques mais ornemente toujours nos demeures à l'heure des festivités de fin d'année.

 

L'espèce de houx qui nous est familière (Ilex aquifolium) est la seule représentante sauvage de la famille des ilicacées en Europe.

Appelé encore « laurier piquant », le houx est, dans sa forme la plus courante, un arbrisseau diffus et buissonnant de 1 à 3 mètres de haut, mais il peut également devenir un arbre atteignant une dizaine de mètres. Plante dioïque, c'est-à-dire à fleurs unisexuées chez laquelle les fleurs mâles & les fleurs femelles apparaissent sur 2 pieds distincts, le houx porte généralement les feuilles persistantes, vernissées, ondulées et hérissées de piquants que nous connaissons bien. Cependant il existe des spécimens à feuilles planes, non lobées-ondulées, avec peu ou sans aucune dent, avec peu ou sans pointe acérée, et presque souples.

 

Avec leur séduisant habit rouge vermillon, les baies du houx ont quelque chose de bien appétissant pour les gourmands en culotte courte.

 

Attention, ces jolis fruits qui peuvent évoquer des groseilles sont dangereusement toxiques ; ils provoquent de graves inflammations des organes digestifs dont l'issue peut être mortelle chez les jeunes enfants. Quand aux feuilles, que l'on utilisait autrefois contre les rhumatismes & fièvres intermittentes, leur toxicité est sujette à controverse. Pour certains auteurs, elles sont presque comestibles ; pour d'autres, elles entraînent des malaises, des picotements et une forte sensation de chaleur à l'intérieur du corps. Mieux vaut les délaisser pour écarter tout risque d'intoxication.

 

  Le gui & ses fruits défendus.

 

Alors qu'il s'installe fréquemment sur le pommier, le poirier, le peuplier et nombre d'essences, le gui ne se fixe que très rarement sur le chêne & le châtaignier ; c'est pourquoi celui qui provenait de ces 2 arbres était si recherché. Ce gui inhabituel, apparemment né de rien, ne pouvait être qu'un phénomène d'origine divine, donc une plante magique & miraculeuse. Son culte remonte à la nuit des temps.

 

  Vénéré chez les Celtes, les Germains, les Grecs, les Romains, il était associé à une multitude de légendes & de traditions populaires. Pline l'ancien nous a rapporté le cérémonial dont la cueillette du gui était l'objet chez nos ancêtres les Gaulois : il fallait le couper avec une serpe d'or et prendre garde que les rameaux ne tombassent par terre.

Symbole de l'éternité du monde et de l'immortalité de l'âme, druides et ovates lui prêtaient de nombreuses vertus curatives, notamment dans le traitement de la stérilité, des convulsions, de la toux, de la coqueluche, des troubles liés à l'hypertension artérielle.

 

Plante dioïque comme le houx, le gui (Viscum album) est une lauranthacée improprement qualifiée de parasite.

 

En fait, les feuilles vertes & persistantes contenant de la chlorophylle font de la photosynthèse, ce qui assure en partie sa subsistance ; c'est un « hémiparasite ». Toujours est-il que même à moitié parasite, le gui peut épuiser mortellement l'arbre dont il est l'hôte.

Mortel, il peut l'être aussi pour ceux qui seraient tentés de goûter à ses fruits. Ses baies translucides, blanc nacré, renfermant une substance mucilagineuse servant à la fabrication de la glu, sont très toxiques.

 

Les symptômes de l'empoisonnement se traduisent par une soif intense, des diarrhées sanglantes, des vomissements, une forte hypotension avec menace de collapsus cardiaque. Et il peut s'ensuivre une issue fatale. On sera bien avisé de ne pas sacrifier à la tradition druidique dont l'une des recettes magiques était de prescrire les baies du gui comme contrepoison universel.

 

En phytothérapie, on utilise les feuilles dont l'usage remonte à des temps très anciens.

Antispasmodique et sédatif, le gui fut, dans l'Antiquité, employé contre l'épilepsie ; on le conseille encore dans les crises nerveuses.

 

Mais c'est avant tout un hypotenseur efficace recommandé en cas d'hypertension artérielle ; il assure une meilleure perméabilité des artères, lutte contre l'artériosclérose & les états hémorragiques (pertes utérines, épistaxis, hémoptysie…).

 

C'est par ailleurs un diurétique appréciable en cas de goutte, d'albuminurie, de néphrites chroniques.

 

Depuis quelques années, la recherche étudie ses propriétés anticancéreuses, car on lui a trouvé une action résolutive et nécrosante sur certaines tumeurs.

 

  On peut préparer soi-même une infusion de feuilles fraîches (10 à 20 gr. par litre d'eau) que l'on prend à raison de 2 tasses par jour entre les repas. Mieux vaut cependant éviter l'automédication et se conformer à un avis médical voire diététique.

Sous diverses formes, le gui est vendu également en pharmacie et herboristerie.

 

Le gui suspendu au plafond est réputé protéger de tous les malheurs. Sauf, peut-être, de celui de perdre sa liberté, car, si l'on en croit le dicton :

 

« Qui s'embrasse sous le gui, dans l'année se marie ».



12/02/2009
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