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Les Adeptes du Bio...

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Les adeptes du Bio, hier, « bizarres » ou « illuminés », font partie d'un marché qui progresse de 10 % par an. N'en déplaise à ceux qui font la fine bouche : l'essor de l'Agriculture respectueuse de la terre est réel…

 

Ce dimanche 4 Octobre, le Marché Bio du Boulevard Raspail (Paris-6e) célèbre son 20e anniversaire. Il fut le 1er dans Paris et avait pour but initial d'offrir un débouché à des producteurs ayant du mal à survivre.

Un second s'est installé aux Batignolles (17e) en 1992, puis Rue Saint-Charles (15e), place Brancusi (14e) et de nombreux autres offrent un carré Bio.

 

Que de railleries et de quolibets n'a-t-on pas entendu sur ce lieu où les people venaient acheter des carottes au prix du caviar, sur cette mode Bio qui ne durerait qu'un temps et sur ces gens bizarres qui se nourrissent de graines germées à la lune montante…

 

Depuis plus de 15 ans, je fréquente Raspail ou Batignolles. Au début certains camarades ont gloussé : L'individu rentrerait-t-il en secte ?

 

Les mêmes allaient chaque semaine payer leur denier du culte au Supermarché des additifs & des colorants.

Sans broncher, mais l'idée qu'on préfère donner son argent à des paysans qui prennent soin de la terre plutôt qu'à ceux  qui la polluent a toujours paru suspecte au plus grand nombre et notamment aux spécialistes du boire et du manger.

 

On admire le grand écart parfait de J. P. Coffe entre le composte et Leader Price, et l'on note que l'édition 2010 du Guide des vins de Gault Millau annonce en couverture « 1 500 vins bio et en biodynamie », voici 20 ans, la biodynamie, c'était pire que la Scientologie…

 

Un marché qui progresse de plus de 10 % chaque année (plus de 25 % pour les vins naturels en 2008) , une offre insuffisante pour une demande croissante, voilà des tendances lourdes pour reprendre les termes de ceux qui ont transformé l'agriculture en agribusiness.  

 

Les « bios »  s'efforcent précisément de restaurer cet aspect « culture » dans leur Agriculture. Elle ne plaît ni aux partisans du productivisme, ni aux industriels de la chimie et encore moins à l'establishment professionnel. Aides inexistantes, suspicion permanente, il a fallu bien du courage et de la sueur pour devenir Agriculteur Bio !

 

Et plutôt que de leur rendre hommage, il est du dernier chic parmi les « spécialistes » de prendre la posture antibio. Ainsi le bio « nous court sur le haricot » du critique gastronome François Simon (GQ, mai 2009) et « le vin bio n'existe pas » pour Michel Bettane (Express Style, le 3 Septembre 2009).

 

Pour le premier « le label AB reste juste un label protocolaire, il ne garantit en rien le goût et la sûreté des saveurs ».

 

Pour le second, il ne peut y avoir ni vin Bio  - la certification ne concernant que le raisin et pas la vinification  - ni vin nature puisque tout vin est « issu de la fermentation naturelle d'un fruit qui l'est tout autant ».

 

L'un et l'autre ont raison sur les mots, mais refusent de considérer dans leurs jugements que le Bio, c'est bien plus que la satisfaction de leurs goûts personnels : une Agriculture respectueuse de l'environnement, de nouveaux rapports producteurs-consommateurs, un mouvement mondial vers une alimentation plus saine.

 

Oublier l'essentiel pour stigmatiser quelques insuffisances à corriger est injuste à l'égard de ceux qui se battent pour produire propre…

 

                                                      Goût JP GENE.



03/10/2009
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