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Suivre sa vocation...

    Le fait qu'un individu exerce sa véritable vocation ne lui garantit pas le bonheur.

Personne ne peut douter que Van Gogh était appelé à peindre, mais ce n'est pas parce qu'il a passionnément suivi sa vocation qu'il fut libéré de ses tourments intérieurs. On va même jusqu'à supposer parfois que les tourments intérieurs sont peut-être un élément essentiel de l'appel.
Même Picasso, qui vécut jusqu'à un âge avancé apparemment dans la joie, souffrait d'une agitation permanente que la plupart des gens ne pouvaient tolérer très longtemps.

 Mais l'Univers appelle chacun de nous à sa propre réussite, qui ne se mesure pas par rapport au monde. La réussite de Picasso, c'était son art, pas sa richesse, ni sa puissance ou sa célébrité.
La pauvreté de Van Gogh n'est pas davantage un échec. 

Une femme dont la vocation est d'être mère de famille peut élever ses enfants et se sentir légitimement fière alors qu'un homme d'affaires couronné de succès pourra paraître sinistre pour certaines raisons.

 La définition de la vocation implique généralement une activité qui rapporte un revenu.
Mais une autre signification, comment dire, plus spirituelle,  est infiniment plus large.
Ainsi, nous pourrons parler d'une vocation pour les affaires, la maçonnerie, l'art & l'aviation, pour l'armée, et les sciences, mais aussi pour le célibat, le mariage, la vie au foyer, la retraite, une vocation pour être parent ou pour ne pas avoir d'enfants, pour jardiner ou parcourir le monde… Pour toute activité, poétique ou prosaïque, que l'Univers a prévue pour nous.

 Le fait de suivre une vocation donc ne garantit pas le bonheur (comme dans le cas de Van Gogh), mais donne souvent de bonnes bases pour trouver une sorte de paix intérieure.

C'est donc un vrai plaisir de voir un être humain accomplir ce pour quoi il est fait. On a l'impression, que tout cadre bien.

 Inversement, il est assez désagréable de s'apercevoir que le travail & le style de vie de certaines personnes ne correspondent pas à leur vocation. On a l'impression de gâchis.

Alors que le succès est toujours relatif, le refus d'une vocation conduit inévitablement à l'absence de réussite et à la détresse personnelle  -  citons pour exemple des femmes dont le mariage avec un homme fortuné peut être considéré comme une réussite aux yeux du monde, mais qui vivaient dans le désespoir, car elles n'étaient absolument pas faites pour la vie conjugale  -

 Les psychothérapeutes, hommes & femmes,  habitués à rencontrer des gens piégés dans des rôles éloignés de leur vocation, ont tous plus ou moins soutenu le mouvement de libération de la femme.
Nous connaissons tous des femmes qui se sont mariées parce que c'était ce qu'on attendait d'elles, qui ont eu des enfants parce qu'elles n'avaient pas le choix, et qui, dans leur vieillesse, se sont reprochées d'être à l'origine des problèmes de leurs enfants alors qu'elles avaient fait de leur mieux pour accomplir leur devoir.

Le mouvement féministe est vraiment un mouvement de libération. Il a donné aux femmes la liberté de ne pas avoir d'enfants, de ne pas se marier, de devenir actrices ou femmes d'affaires, et de travailler dans le bâtiment lorsqu'elles étaient appelées à le faire.

Et il a également permis aux hommes de suivre leur vocation pour devenir, s'ils en ressentaient le besoin, des hommes au foyer et des papas « maternels » sans être obligés de faire bouillir la marmite.

 Pourtant, nous souffrons toujours d'un manque de compréhension de l'individualité de la vocation, et d'une tendance à généraliser. Le mouvement de libération de la femme a conduit certaines à mal de vivre leur appel à la féminité, au mariage et à la maternité, et certains hommes à se sentir gênés par leur manque d'intérêt pour les tâches ménagères & l'éducation des enfants.

Il n'est absolument pas question de dénigrer, présentement, le mouvement, mais simplement signaler que la libération stéréotypée peut aussi devenir une espèce d'emprisonnement.

 Il est donc clair que la seule vocation que l'Univers ait prévue pour chacun d'entre nous, c'est la réussite personnelle, mais pas forcément selon les critères généralement admis. Pourtant, nous sommes parfois appelés à des rôles que le monde considère comme importants.

 Il semble donc juste de faire la distinction entre vocation « humble » et vocation « noble ». Puisqu'elles correspondent mieux aux besoins de la Société, les vocations humbles sont beaucoup plus courantes. Il n'est pas dit pour autant qu'elles sont de moindre importance.

Effectivement, l'humble vocation d'un forgeron par exemple peut se révéler décisive. Comme le démontre un vieil adage américain : 

 « Faute d'un clou, le fer fut perdu ; faute d'un fer, le cheval fut perdu ; faute de cheval, le général fut perdu ; faut de général, la victoire fut perdue ; faute de victoire, la nation fut perdue. »

 Mais un problème particulier touche le petit groupe des gens promis à une grande vocation : « un sens personnel de la destinée ». Entendons dans ce terme, le sentiment profond, souvent à peine perceptible, qu'éprouvent dès l'enfance ou l'adolescence cinq à dix pour cent des gens d'être supposés accomplir de grandes choses durant leur existence.

Une fois sur quatre, ce sentiment n'est pas réaliste. Il semble même que ce soit une des caractéristiques d'une sorte de mégalomanie qui donnent aux personnes l'impression d'être grands & puissants (ou qu'ils devraient l'être) alors qu'en réalité il leur manque les atouts personnels, spirituels ou intellectuels qui font la grandeur.

 D'un autre côté, les personnes véritablement doués qui se sont accomplies ont toutes eu le sentiment, parfois intense, et cela des années avant leur réussite, d'être vouées à un grand ou glorieux destin. Prenons l'exemple de Sigmund Freud. A l'âge de 28 ans, une dizaine d'années avant la publication des œuvres qui allaient le rendre célèbre, il écrivit à sa fiancée :

« Je viens de mener à bonne fin  une décision dont se ressentira tout un groupe de gens encore à naître et dont le destin sera malheureux. Tu ne devineras jamais  de qui j'entends ainsi parler : eh bien ! De mes biographies ! J'ai entièrement détruit mon journal de ces 14 dernières années, ainsi que mes lettres, mes notes scientifiques & les manuscrits de mes ouvrages. Que mes biographes tempêtent à leur aise. Ne leur rendons pas la besogne trop facile. Que chacun d'entre eux croie bonne « sa conception du développement du héros » ; je me réjouis dès maintenant de penser qu'ils se tromperont tous. »

La plupart des vocations sont inconscientes. Nous avons tendance à ressentir l'appel plutôt qu'à l'entendre véritablement.
Nous pouvons l'accepter ou le rejeter.
Mais rappelons-nous la définition de la civilité :

"un comportement organisationnel consciemment motivé, moral et soumis à un Pouvoir supérieur."

Plus nous deviendrons conscients de ces appels, plus nous serons capables de coopérer consciemment avec l'Univers dans ce qu'il a prévu pour nous (c'est-à-dire de faire concorder notre véritable vocation avec notre occupation), plus nous serons civils...

Il y a une multitude de voix, toutes différentes, qui appellent à une multitude  de  tâches, toutes différentes. Le problème est de savoir reconnaître la petite voix intérieure, de celle de la Société, par exemple, ou de celle du surmoi, ou de l'égoïsme.

Voici que qu'on peut considérer comme une bonne règle pour s'y retrouver. Le type de tâche auquel notre petite voix nous appelle en général est :

a)  Celui que nous avons le plus besoin d'accomplir, et

b)  Celui dont le monde a le plus besoin qu'il soit accompli.

Si votre travail vous intéresse, vraiment, il est vraisemblable que vous avez rempli la condition a) ; mais si ce travail consiste à rédiger de la publicité pour des déodorants, il y a des chances pour que vous ne remplissiez pas la condition b)

En revanche, si votre travail consiste à soigner des lépreux, vous avez sans doute rempli la condition b) ; seulement si la plupart du temps, cette tâche vous ennuie et vous déprime, il y a des chances non seulement que vous ayez raté a), mais encore pour que vous soyez non plus d'un grand secours  à votre environnement.

Il ne s'agit pas de porter une croix ou de trouver la bonne planque.

 Là, où vous êtes appelé, c'est là que se rencontrent votre vrai bonheur et un vrai besoin du monde…

Voir aussi : La juste voie


18/03/2007
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