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Une solitude vide ou ensoleillée ?

  D'une solitude vide ou encombrée à une solitude ensoleillée.

 Pour pouvoir faire alliance avec un être proche, et s'engager vers une relation intime dans la durée, il convient tout d'abord de se délier ou de pouvoir se désengager des relations antérieures trop prégnantes. Se délier ou se désengager, c'est-à-dire non seulement s'être séparé physiquement mais s'être séparé en profondeur des attaches inscrites en amont de notre vie.

 Se délier et se désengager de relations anciennes, de personnes significatives, d'images idéalisées ou de croyances qui nous squattent de l'intérieur, pour trouver un espace de disponibilité à la nouvelle relation envisagée et choisie.

 Nous croyons parfois vivre seul alors que nous abritons des occupants ou des envahisseurs installés à demeure si nous sommes en exil de nous-mêmes, habités de fantômes, fascinés par des illusions & des leurres non viables, obnubilés par des espoirs tellement exigeants, qu'ils ne laissent plus guère d'ouverture à des rencontres nouvelles ou à des découvertes inattendues.

 Le vivre seul au présent, peut être source de souffrance et de malaise face à plusieurs circonstances.

 *  Quand nous laissons le passé nous encombrer avec des inquiétudes & des peurs venues de notre histoire ou de nos expériences antérieures.

 *  Quand nous avons enfermé l'avenir dans des promesses, des fidélités ou des loyautés trop aliénantes. Le présent est alors trop douloureux et désespérant à vivre, car il semble sans issue.

 *  Quand nous restons emprisonnés par des engagements ou des contrats intimes toujours pas résiliés avec nous-mêmes ou avec d'autres et qui agissent comme des impératifs prioritaires.

 Le vivre seul au présent peut être aussi source de souffrances quand la ligne du futur reste barrée par des injonctions de normalité ou des prescriptions de conformité qui défigurent l'horizon des possibles. La solitude peut être invivable quand elle désigne le modèle du couple comme un standard et la seule voie d'issue vers le bonheur, la créativité & l'épanouissement de soi.

 Ces souffrances de « solitudes noires » sont comme des langages ou même des cris.

Une exploration sur l'origine de ces douleurs et de ces peines de cœur, nous permet de retarder et d'entendre ce qu'elles peuvent nous révéler des manques et des trop-pleins qui font que, faute de nous aimer nous-mêmes, nous investissons toutes nos énergies d'aimance autour du seul besoin d'être aimés.

 Le besoin impérieux & inassouvi d'être aimé constitue alors une dépendance et fait obstacle paradoxalement à la possibilité d'être aimant et de nous affirmer tels que nous sommes, avec des ressources et aussi des limites.

 L'enjeu aujourd'hui pourrait être pour chacun, non pas de répondre au précepte socratique du « Connais-toi toi-même » mais plutôt d'écouter le sens et les résonances profondes contenues fans l'exhortation biblique de l'aimé à sa  belle du « Vas vers toi ».

Accepter d'aller vers le meilleur de soi

pour pouvoir se rencontrer et s'aimer.

 La connaissance de soi est à  considérer dans la trajectoire et l'écoulement du temps, à travers le renouvellement des multiples naissances qui jalonnent une existence. La vie n'est faite que de rencontres & de séparations, avec lesquelles nous pouvons nous construire ou nous détruire.

Nous pouvons apprendre à être un meilleur compagnon pour nous-mêmes. Afin de devenir celle ou celui que nous sommes, en agrandissant le meilleur de nous en nous. Car la pire des solitudes n'est pas d'être seul, c'est de s'ennuyer en sa propre compagnie !

                                                                                                                                                                                                          Jacques Salomé.


07/08/2007
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