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Evolution en marche : Mises à jour (1)

   Les crises que nous connaissons montrent de quelle façon nos institutions ont trahi la nature. Nous avons confondu le bien-vivre & la consommation matérielle, nous avons déshumanisé le travail et l'avons rendu compétitif sans nécessité,  nous sommes inquiets au sujet de nos capacités à apprendre et à enseigner. Des soins médicaux hors de prix n'ont permis qu'un faible progrès contre la maladie chronique & catastrophique, tout en devenant de plus en plus impersonnels & importuns.

 

La possibilité de sauvetage en cette époque de crise ne repose ni sur la chance et le hasard, ni sur les vœux pieux. Armés que nous sommes d'une compréhension plus profonde de la manière dont les choses changent, nous savons que les forces mêmes qui nous ont conduits, la

planète et nous, au bord de l'abîme, portent en elles les germes du renouveau.

 

Le déséquilibre actuel  - personnel & social -  laisse prévoir un nouveau type de société. Les rôles, les relations, les institutions et les vieilles idées sont en cours de réexamen, pour être reformulés dans un nouveau projet.

 

Pour la 1ère fois dans l'histoire, l'humanité a accès au panneau de contrôle du processus de changement, à la compréhension de la manière, dont les transformations se produisent. Nous vivons désormais à l'ère du changement du changement, où il nous est possible d'adopter les processus naturels pour notre propre rénovation et celle de nos institutions croulantes.

 

Ce nouveau paradigme conçoit l'humanité comme enracinée dans la nature et encourage l'individu autonome dans une société décentralisée en nous considérant comme des intendants de toutes nos ressources, extérieures & intérieures. Il ne nous voit pas comme des victimes ou des pions limités par les conditions ou le conditionnement, mais comme les héritiers de l'évolution, capables d'imagination, d'invention et d'expériences que nous n'avons encore qu'entraperçues.

 

La nature humaine n'est ni bonne ni mauvaise, mais ouverte vers une continuelle transformation et transcendance. Elle n'a qu'une chose à faire : se découvrir elle-même !

 

Le processus qui conduit à la prise de conscience peut être à ce point accéléré que le déploiement de nouvelles possibilités peut nous étourdir et même nous effrayer. Pourtant, chacune d'elles nous permet de mieux comprendre et de prévoir plus précisément notre route dans la vie.

 

Il n'est pas étonnant que ces changements de conscience soient vécus comme un éveil, une libération, une transformation & une unification. Etant donné la récompense, on comprend qu'en quelques années des millions d'individus se soient mis à de telles pratiques. Ils découvrent qu'ils n'ont pas à attendre que le monde, que les autres changent. Leur vie et leur environnement viennent à se transformer à mesure que change leur état d'esprit. Ils s'aperçoivent qu'ils ont en eux un centre plein de santé, les ressources pour composer avec le stress et pour innover, enfin qu'ils ont des amis partout.

 

Ils ont du mal à faire connaître ce qui leur est arrivé, à ordonner leur exposé et ils peuvent se sentir quelque peu insensés ou prétentieux à parler de leur expérience. L'un tentera de la décrire en parlant d'éveil après des années de sommeil, de réunification des parties éclatées de lui-même, l'autre par l'image de la guérison ou du retour chez soi.

 

La réaction des amis ou des parents n'est, pour beaucoup, qu'une douloureuse condescendance, du genre de celle de ces adultes qui mettent en garde un adolescent contre sa naïveté et son idéalisme…

 

Le scientifique et poète Edward Carpenter, remarquable visionnaire social de la fin du XIXe siècle, a décrit ainsi ce changement :

 

« Si l'on arrête la pensée et qu'on persévère, on atteint finalement une région de la conscience située en dessous ou en arrière de la pensée ; on réalise alors un soi bien plus vaste que celui auquel nous sommes habitués. Et puisque la conscience ordinaire, celle de la vie de tous les jours, est l'écran du petit soi local sur lequel s'inscrivent toutes choses, il s'ensuit que la laisser s'éteindre équivaut à mourir au soi et au monde ordinaires. C'est mourir, dans le sens habituel, mais d'un autre côté, c'est s'éveiller, en découvrant que le « je », le soi le plus vrai, le plus intime, pénètre l'univers et tous les autres êtres. Cette expérience est à ce point merveilleuse, qu'on peut dire que questions & doutes se relativisent et s'effacent devant elle ; c'est par milliers qu'on dénombre de telles expériences, confirmant que le fait pour un individu d'en avoir vécu une, ne serait-ce qu'une fois, bouleverse complètement sa conception du monde et le reste de sa vie ».

 

Carpenter a saisi l'essence de l'expérience transformative : l'élargissement de la conscience, le rapport nouveau entre les choses, le pouvoir de transformer en permanence une vie. Comme il l'a dit, cette « région de la conscience » s'ouvre à nous lorsque nous sommes vigilants & calmes, plutôt qu'affairés à réfléchir et à planifier…



16/12/2007
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